Violet Stigmata (janvier 2004)


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Alors qu'ils sortent en cet automne 2005 leur troisième album cd sur le label de CLAN OF XYMOX Pandaimonium, retour sur les origines du groupe et les débuts de sa glorieuse histoire

 

Aujourd'hui malgré une pléthore de publications dans la scène goth-dark, phénomène lié à la "facilité" technologique de l'informatique musicale, peu de groupes réussissent à proposer des univers musicaux transcendants ou captivants, VIOLET STIGMATA apparaît dès lors comme un exemple s'inscrivant dans la lignée de CORPUS DELICTI, DRAMA OF THE SPHERES ou BROTHERHOOD OF PAGANS. Pouvez-vous nous raconter brièvement votre histoire et évoquer votre parcours musical (déjà imposant)?


A vrai dire c'est un peu une succession de hasards : j'ai composé entre 1996 et 2002 6 ou 7 démos en pleine dépression sans aucune envie d'en faire quoi que ce soit. Après avoir rencontré en 2001 Laurent et Pierre à Besançon, nous décidons de former un groupe (mais rien à voir avec VS). Laurent à la basse, Pierre au chant et moi-même à la guitare. A ce moment précis, Céline (ma femme) et moi décidons à des fins professionnelles de nous exiler dans la puanteur parisienne et donc, adieu le groupe : néanmoins, nous faisons un concert (qui devait être le premier et le dernier) devant une trentaine de personnes à Plancher-les-Mines au fin fond de la Haute-Saône. Par manque de répertoire, nous utilisons alors mes morceaux et jouons donc sous le nom de Violet Stigmata, avec une formation modifiée : Laurent garde la basse, Pierre prend le clavier et je chante mes textes, le tout avec l'aide d'un ami jazzman à la guitare (un dépannage pour le moins étrange). La magie a opéré, et il n'était plus question d'abandonner. Pierre est resté à Besançon, mais Laurent nous a suivi à Paris. Céline, qui par la suite a conçu tout le visuel du groupe ainsi que les sites, s'est collée au clavier, et nous avons rencontré Fred qui est non seulement un excellent guitariste, mais surtout un ami précieux et irremplaçable depuis ce temps-là. Arrivés dans la capitale, pas mal de choses ont évolué à une vitesse qui nous dépasse encore. Un label contacte et nous signe (on est en hiver 2001-2002), suivront la parution de "Décompositions & Reliques" en juin 2002 et, un an plus tard, la sortie de son jumeau "Progénitures, Suite & Fin", qui clôt notre période "démos". Mais pendant ce temps, il nous est arrivé des choses dont on aurait pas osé rêver il y a encore deux ans : les concerts se multiplient, parfois avec des groupes et dans des salles plutôt impressionnants (Cinema Strange, Das Ich, Bloody Dead & Sexy...), plein de rencontres (sachant que plus les gens vous sollicitent, plus on rencontre de crétins et de lèche-cul). Enfin, les réactions de la scène en général se sont montrées particulièrement encourageantes. Actuellement, nous composons l'album.

Un clavier lunaire (utilisé de façon minimale et expressive, un peu à la manière d'X MAL DEUTSCHLAND), des guitares stridentes et acérées façon Death-rock, une basse cold ronde et rampante, un chant entre batcave et intensité psychotique... Votre musique évoque mille références mais semble unique, quelles sont ou ont été vos influences, les artistes qui vous renversent?

Nous avons des influences vraiment variées... Ca va des années 60 à maintenant en passant par à peu près tous les styles, rock, punk, goth, industriel, metal... Nous sommes suffisament curieux pour nous intéresser à un maximum de choses ; personnellement en ce moment, j'écoute beaucoup Magazine et Danse Society. Céline est restée bloquée sur Deutsch Nepal, Laurent n'en finit pas d'user ses vieux albums de death-rock et Fred semble naviguer entre les premiers Diary of Dreams et My Dying Bride. C'est vague...

Quelle a été la logique pour construire les deux premiers albums? Comment avez-vous puisé dans la multitude de territoires explorés dans les premières démos?

Simplement, nous avons choisi les titres qui nous plaisaient le plus parmi les mieux enregistrés, avant le remastering. J'ai aussi opté à titre personnel pour des morceaux dont les textes me touchent le plus. C'est sans doute la raison pour laquelle il n'y a pas la moindre cohérence ou homogénéité entre eux, mais comme c'est parti, je crains que le prochain ne vaille pas mieux à ce niveau-là.

Est-ce que vos performances scéniques donnent lieu à un mise en scène particulière?

Pas encore du fait que justement, les titres n'ont aucun rapport entre eux. Par contre, l'album conceptuel qui est en cours d'incubation fera l'objet d'un prolongement scénique afin d'illustrer son contenu. Nous travaillons là-dessus et on commence à y voir un peu plus clair.

Avez-vous le projet de publier des pressages vinyles de vos albums?

Pour cela, il nous faudrait un peu plus d'argent ! L'objet est séduisant, mais c'est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre pour l'instant. Plus tard, pourquoi pas...

Comment vous positionnez-vous par rapport à la scène française cold-dark d'hier et d'aujourd'hui? Avez-vous un sentiment d'appartenance à une sorte de famille?

Bof. Evidemment, on ne peut pas nier que nous nous plaçons parmi des groupes comme Neva, Norma Loy et autres acteurs de la scène goth/dark, mais nous n'avons pas l'intention de faire la même chose ad vitam aeternam. Disons qu'on ne veut pas se faire enfermer dans une famille ou une scène aux contours trop nets. D'ailleurs, un journaliste italien (au demeurant fort sympathique) a dit que nous étions "dans le peloton de tête aux côté de Bloody, Dead & Sexy, Chants of Maldoror et Cinema Strange". C'est flatteur certes, mais qu'est-ce qu'on vient faire là-dedans ??? Aucun des groupes auxquels on cherche à nous assimiler n'utilise l'électronique comme nous, et au delà de ça, ce n'est pas le même feeling... Nous ne sommes en compétition avec personne. Et par rapport à la scène française, c'est pareil. Ceci dit, nous avons un profond respect pour des formation comme Neva/ Jacquy Bitch, Clair Obscur, Corpus Delicti, Martyr Whore, Norma Loy, Les Tétines Noires et bien d'autres...

Je crois savoir que Nicolas vient de Besançon, "is there any goth culture in Besançon?"

Laurent, Céline et moi sommes de Franche-Comté, Céline et moi sommes bisontins. Malheureusement, il n'y a pas réellement de scène dark à Besançon. Par contre, il y a une grosse scène metal et hardcore.

L'esthétique -noir et blanc-, les thématiques évoquées renvoient à la maladie, la malformation, les tréfonds de l'âme: dimension cathartique, expression psychanalytique, surréalisme sous influence Eros et Thanatos...?

Les textes ne parlent que de moi-même, à quelques exceptions près. Il s'agit d'un exorcisme. Ici on soigne le mal par le mal, et ça fonctionne assez bien. Même si Violet Stigmata venait à décéder, je continuerai à écrire. Il y a quelque chose d'impalpable qui nous unit et qui nous aide à vivre. Tu as raison d'évoquer la maladie (Parasite), la malformation (Rats), et surtout la dimension cathartique (I want to be a Little Girl, Legacy) et le surréalisme morbide (Animals on Fire). J'ai besoin de me décharger dans mes textes, et nous tous dans la musique.

Quels sont les projets à venir?

L'album et les concerts, notamment à l'étranger. Céline vient de finir le nouveau site. En ce qui me concerne, je joue avec Sleeping Children en tant que guitariste, mais là c'est plus ouvertement death-rock que Violet Stigmata.

Vos dix disques incontournables (pour le groupe) ?

Only Theatre Of Pain (Christian Death), Isolated Tracks (Clair Obscur), Suspiria de Profundis (Die Form), IO (Project Pitchfork), All The Colors Of Death (Blooding Mask), The Gospel Of Inhumanity (Blood Axis), Only Heaven (The Young Gods), Zoon (Nefilim), Dio Dio Dio (Madre Del Vizio), Psychoma (Diary of dreams).

Stanislas

dimanche 25 janvier 2004