Pochette de Mille Plateaux
Georgio The Dove Valentino
Mille Plateaux

autoproduction /
DLP

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Le majestueux dandy qui dispense sa musique chatoyante et mélancolique depuis déjà quelques années, propose enfin avec "Mille Plateaux" un premier magnum opus. Un double-album vinyle riche de quatre faces thématiquement presque aux antipodes les unes des autres.

Rejoint à nouveau comme sur son superbe mlp 10 pouces par Blaine L. Reininger (Tuxedomoon) mais aussi par Luc Van Lieshout du même groupe, la musique du projet s'incarne désormais en un trio; où Georgio est accompagné par une bassiste (Patrizia F.) et un batteur (Benjamin Meunier). Autour de ce noyau une Société Des Mélancoliques à géométrie variable intervient sur disque comme sur scène.

Des quatres faces, la première est excessivement intense, parfois réminiscente du dandysme d'un Robyn Hitchcock ou hantée de méandres stellaires sur la version cahotante et belle du "Japanese Dream" de Reininger. La face 2 "Hommage à Chuck Berry" est peut-être plus étrange et incongrue, non qu'elle soit dans une radicalité rock'n'roll aride, elle s'étire étrange et nébuleuse, parfois écho aux univers du Jim Jarmusch de "Only Lovers Left Alive" ou d'un David Lynch nocturne sous influence Chris Isaak. C'est une mélancolie presque néoclassique à la Durutti Column qui ouvre la face 3, pourtant, c'est certainement la partie la plus bigarrée et iconoclaste de l'album qui explose même en un rock mariachi oblique sur la fin. Le thème final qui occupe la quatrième face "Ο Γιωργος Jesús Παπανικολοπουλος Sings Piero Ciampi", est le plus difficile de prime abord, centré sur des chansons italiennes, pourtant tristes et belles, magnifiquement dosé dans ses arrangements, il exprime des couleurs peut-être moins familières pour les amateurs de musiques froides.

C'est donc, un disque monde, un recueil sonore propre à dispenser un voyage mental et sensoriel, une embarcation pour un univers onirique et excessivement singulier, un disque que n'auraient pas renié le comte d'Orsay ou George "Beau" Brummel parmi d'autres esthètes -fin de siècle-.


Stanislas C.

lundi 13 octobre 2014